Né en 1959, dans les premières années de la Ve République et en pleine guerre d’Algérie, le Service d’action civique (SAC) appartient à une époque où le gaullisme ne se résume pas à une doctrine institutionnelle. Héritier d’une culture forgée dans la Résistance puis prolongée par le Rassemblement du peuple français (RPF), il cultive la fidélité au général de Gaulle, l’anticommunisme et le goût de l’action directe.
Une organisation au service du gaullisme
Autour de figures comme Pierre Debizet, Charles Pasqua et Jacques Foccart, le SAC devient une force militante importante. Il protège les réunions, participe aux campagnes électorales et constitue un réseau mobilisable lorsque le pouvoir gaulliste se trouve menacé. Son opposition à l’OAS pendant la guerre d’Algérie illustre cette conception presque militaire de la fidélité politique.
Mais cette efficacité nourrit rapidement une réputation sulfureuse. Derrière l’organisation officielle apparaît un univers où se côtoient clandestinité, renseignement, infiltration et violences contre les adversaires politiques. Le SAC est soupçonné dans plusieurs grandes affaires des années 1960 et 1970, même si toutes les accusations portées contre lui n’ont pas été établies.
De la puissance militante à la dissolution
Le SAC a connu Mai 68 et a continué à jouer un rôle essentiel dans le militantisme gaulliste jusqu’à l’établissement du RPR en 1977. Son histoire montre cependant la face la plus sombre d’une certaine culture de l’action politique issue des combats de la Résistance et de la Guerre froide.
La tuerie d’Auriol, en juillet 1981, précipite finalement sa chute. Six personnes sont assassinées dans un règlement de comptes impliquant des membres de l’organisation. Le scandale provoque une onde de choc nationale et conduit à la dissolution du SAC en 1982.