Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France cherche à reconstruire ses institutions politiques. C’est dans ce contexte qu’apparaît, en juin 1946, l’Union gaulliste pour la IVe République.
Un mouvement créé dans l’après-guerre
Le mouvement est lancé à l’initiative de René Capitant afin de promouvoir les principes défendus par le général de Gaulle dans son discours de Bayeux, consacré à l’organisation des futures institutions françaises.
Malgré son nom, cette formation n’est pas créée par Charles de Gaulle lui-même. Le chef de la France libre garde ses distances et exprime même des réserves quant à l’utilisation du terme « gaulliste ». Il ne condamne toutefois pas l’initiative, tout en refusant d’en prendre la direction.
Une expérience politique de courte durée
Les fondateurs présentent leur organisation comme un rassemblement national plutôt qu’un parti politique. Leur ambition est de réunir des Français de sensibilités diverses autour de l’héritage de la Résistance et d’une réforme des institutions. Pourtant, cette volonté de dépasser les clivages traditionnels se heurte rapidement aux réalités politiques de l’époque.
Lors des élections législatives de novembre 1946, les résultats restent modestes. L’Union gaulliste a du mal à s’imposer durablement et reste un mouvement aux effectifs limités. Dès avril 1947, elle disparaît en appelant ses adhérents à rejoindre le Rassemblement du peuple français (RPF), créé par Charles de Gaulle.
Si son existence était brève, cette expérience constitue une étape importante dans l’histoire du gaullisme. Elle préfigure plusieurs thèmes qui seront repris par le RPF, notamment l’idée d’un rassemblement dépassant les partis traditionnels et la volonté de réformer les institutions de la IVe République.