Avril 1969 : le référendum qui précipite la fin de la présidence de Charles de Gaulle

Le 27 avril 1969, les Français ne votent pas seulement sur une réforme institutionnelle. Le scrutin devient aussi un moment décisif pour Charles de Gaulle, qui a lié son maintien à l’Élysée au résultat des urnes.

Le projet soumis par référendum prévoit deux transformations importantes : donner une nouvelle place aux régions et réorganiser le Sénat. Cette volonté de faire évoluer les institutions s’inscrit dans une réflexion ancienne du général de Gaulle, mais elle revient au premier plan après la crise de Mai 68. Les mouvements étudiants et les grandes grèves ont alors profondément secoué le pays. Les élections législatives de juin 1968 redonnent toutefois une forte majorité au pouvoir gaulliste.

Quelques mois plus tard, de Gaulle remet son projet institutionnel sur la table. Il souhaite notamment renforcer le rôle des régions et modifier la composition et les missions du Sénat. La consultation est organisée sur le fondement de l’article 11 de la Constitution, une procédure qui nourrit alors les critiques de ses adversaires. Mais la campagne finit surtout par se concentrer sur l’avenir politique du chef de l’État. De Gaulle a annoncé qu’il tirerait personnellement les conséquences d’un rejet.

Le verdict tombe le 27 avril : le « non » recueille 52,41 % des suffrages exprimés. Dès le lendemain, Charles de Gaulle quitte la présidence. Alain Poher, président du Sénat, assure alors l’intérim. Retiré à Colombey-les-Deux-Églises, de Gaulle se consacre ensuite à ses mémoires. Il meurt le 9 novembre 1970, un peu plus d’un an après son départ de l’Élysée.